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jeudi, septembre 03, 2009

La pensée du jour

" Lorsqu'on a tout nié dans la frénésie et qu'on a radicalement liquidé les formes d'existence, lors d'un excés de négativité a fini par tout balayer, a qui pourrait-on encore s'en prendre, sinon a soi-meme ? De qui rire, et qui plaindre ? Lorsque le monde entier s'est éffondré sous vos yeux, vous vous effondrez vous-meme irrémédiablement. L'infini de l'ironie annule tous les contenus de la vie. Non point l'ironie élégante, intelligente et subtile, issue d'un sentiment de supériorité, ou d'orgueil facile - cette ironie par laquelle certains manifestent ostensiblement leur distance vis-a-vis du monde - mais l'ironie tragique et amère du désespoir. Car la seule ironie digne de ce nom est celle qui remplace une larme ou un spasme, voire un ricanement grotesque et criminel. [...] Il est significatif que l'ironie envers soi-meme ne présente que la forme tragique de l'ironie. On ne saurait y accéder par des sourires : seulement par des soupirs, fussent-ils étouffés. L'auto-ironie est, en effet, une expression du désespoir : ayant perdu ce monde, vous vous perdez vous-meme. Un éclat de rire sinistre accompagne alors chacun de vos gestes ; sur les ruines des sourires doux et carressants de la naiveté, s'éleve le sourire de l'agonie, plus crispé que celui des masques primitifs et plus solennel que celui des figures égyptiennes."

Sur les cîmes du désespoir - Emil Cioran




J'ai déjà du en parler plusieurs fois ... mais ça calme toujous autant ...du moins on relativise un peu plus après ...enfin moi en tout cas ....


George Abitbol et Emil Cioran avaient raison ...

mardi, février 12, 2008

Quelques citations pour réfléchir un peu ...


"Cependant, je n'ai jamais réussi à expliquer d'une façon satisfaisante à certains étudiants de ma classe de littérature les principes de la bonne lecture qui veulent que l'on lise le livre d'un artiste non pas avec son coeur (le coeur est un lecteur particulièrement stupide), non pas avec son cerveau seul, mais avec son cerveau et sa moelle épinière. « Mesdames et messieurs, c'est le frisson dans la moelle épinière qui vous dit en vérité ce que l'auteur a ressenti ou a voulu que vous ressentiez. "


Vladimir Nabokov
Partis pris

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" Acquérir la puissance, cela se paie cher. La puissance abêtit… "



Friedrich Wilhelm Nietzsche
Le Crépuscule des Idoles

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"Plus on pense de façon objective, moins on existe."

Søren Aabye Kierkegaard

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"Certains problèmes, une fois approfondis, vous isolent dans la vie, vous anéantissent même : alors on a plus rien à perdre, ni rien à gagner.

L’aventure spirituelle ou l’élan indéfini vers les formes multiples de la vie, la tentation d’une réalité inaccessible ne sont que simples manifestations d’une sensibilité exubérante, dénuée du sérieux qui caractérise celui qui aborde des questions vertigineuses.

Il ne s’agit pas ici de la gravité superficielle de ceux qu’on dit sérieux, mais d’une tension dont la folie exacerbée vous élève, à tout moment, au plan de l’éternité.

Vivre dans l’histoire perd alors toute signification, car l’instant est ressenti si intensément que le temps s’efface devant l’éternité.

Certains problèmes purement formels, si difficiles soient-ils, n’exigent nullement un sérieux infini, puisque, loin de surgir des profondeurs de notre être, ils sont uniquement les produits des incertitudes de l’intelligence. Seul le penseur organique est capable de ce type de sérieux, dans la mesure où pour lui les vérités émanent d’un supplice intérieur plus que d’une spéculation gratuite.

A celui qui pense pour le plaisir de penser s’oppose celui qui pense sous l’effet d’un déséquilibre vital. J’aime la pensée qui garde une saveur de sang et de chair, et je préfère mille fois à l’abstraction vide une réflexion issue d’un transport sensuel ou d’un effondrement nerveux.

Les hommes n’ont pas encore compris que le temps des engouements superficiels est révolu, et qu’un cri de désespoir est bien plus révélateur que la plus subtile des arguties, qu’une larme a toujours des sources plus profondes qu’un sourire.

Pourquoi refusons-nous d’accepter la valeur exclusive des vérités vivantes, issues de nous-mêmes ? L’on ne comprend la mort qu’en ressentant la vie comme une agonie prolongée, où vie et mort se mélangent. […] "



Emil M. CIORAN
Sur les cimes du désespoir

jeudi, novembre 15, 2007

Là je dis Mossieur Cioran !

Ce matin, une citation d'Emil CIORAN, m'est revenu à l'esprit après avoir entendu les dernières nouvelles ainsi qu'une discussion à côté de moi ...
Je vous épargnerai ces détails pour l'instant. Laissez-moi le temps d'analyser ces perturbations neuroniques (?) avant toute chose. Je ne suis même pas sûr qu'elles vaillent la peine d'être racontées ici. Il faut que je m'en remette avant.

Je ne vous fais pas languir plus longtemps voici donc cette magnifique phrase de Monsieur Cioran :

" Sans l'assiduité au ridicule, le genre humain eut-il duré plus d'une génération ?"


Mais bon j'dis ça ...


Sinon toujours dans la même veine, et pour preuve que le ridicule ne tue pas ( quoique ...ou hélas ? ),
voici une superbe rétrospective regis-esque pompée outrageusement sur le site de Félix le Jaune ( As tu eu des cadeaux d'une marque de pastis au moins ??)