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samedi, janvier 12, 2019

Clin d'oeil à Lechalote :


Paul Eluard a écrit : «Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous»


Emil M. Cioran aurait sûrement écrit : «Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous manqués.»



Tandis que Michel Houellebecq écrit : 

«Considérant les événements présents de notre vie, nous oscillons sans cesse entre la croyance au hasard et l'évidence du déterminisme.»

« Ce n'est pas aussi compliqué qu'on le raconte, les relations humaines : c'est souvent insoluble, mais c'est rarement compliqué. »


jeudi, avril 16, 2015

Lecture du moment ...

"Si l’on est différent, il est fatal qu’on soit seul."

 Le Meilleur des Mondes, Aldous HUXLEY





Hé merde!
Quoique ... 
1931 quand même.












"Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s'y prendre de manière violente. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l'idée même de révolte ne viendra même plus à l'esprit des autres. L'idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées.
Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière
drastique l'éducation, pour la ramener à une forme d'insertion professionnelle.
Un individu inculte n'a qu'un horizon de pensée limitée, et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter.
Il faut faire en sorte que l'accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l'information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.
Surtout pas de philosophie. Là encore il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des informations et des divertissements flattant toujours l'émotionnel ou l'instinctif.
On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d'empêcher l'esprit de penser.
On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant sociale, il n'y a rien de mieux.
En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l'existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d'entretenir une constante apologie de la légèreté : de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain est le modèle de la liberté."

 Le Meilleur des Mondes, Aldous HUXLEY 

jeudi, mai 15, 2014

Mode d’emploi du détournement

« Tous les esprits un peu avertis de notre temps s'accordent sur cette évidence qu'il est devenu impossible à l'art de se soutenir comme activité supérieure, ou même comme activité de compensation à laquelle on puisse honorablement s'adonner. La cause de ce dépérissement est visiblement l'apparition de forces productives qui nécessitent d'autres rapports de production et une nouvelle pratique de la vie. Dans la phase de guerre civile où nous nous trouvons engagés, et en liaison étroite avec l'orientation que nous découvrirons pour certaines activités supérieures à venir, nous pouvons considérer que tous les moyens d'expression connus vont confluer dans un mouvement général de propagande qui doit embrasser tous les aspects, en perpétuelle interaction, de la réalité sociale. »

Guy-Ernest Debord / Gil J. Wolman • Mode d’emploi du détournement


vendredi, mai 09, 2014

De biens beaux livres ...

Comme on aimerait en voir plus souvent ...

http://leseditionsderrierelasalledebains.bigcartel.com/products

http://www.lequartanier.com/

Et un coup de coeur du moment :


vendredi, mai 02, 2014

John Steinbeck



"On peut être fier de n'importe quoi si c'est tout ce qu'on a."
A l'Est d'Eden



"Ne laisse pas s'envoler trop tes espérances, pour n'avoir pas à ramper comme un ver de terre."
Les Raisins de la Colère 

mardi, février 25, 2014

 “Il croyait avoir appris la patience, mais il avait seulement perdu l’impatience. Il n’avait plus ni l’une ni l’autre, il n’avait que leur manque d’où il imaginait pouvoir tirer une ultime force. Sans patience, sans impatience, ne consentant ni ne refusant, abandonné sans abandon, se mouvant dans l’immobilité.
Attendre, c'était attendre l'occasion. Et l'occasion ne venait qu'à l'instant dérobé à l'attente, l'instant où il n'est plus question d'attendre."

- L’attente, l’oubli -  Maurice Blanchot 



Allez je m'arrache pour une semaine vers la chaleur et je vous reviens incessamment sous peu. 

Mais bon pour vous faire patienter,  et vous occuper l'oeil,Ramon, le Justicier Saxophoniste m'a envoyé un lien spécial que j'intitulerai librement : Un doute m'habite ...



Allez ... 

samedi, février 01, 2014

"Il n'y a pas de souvenir qu'on puisse enrober de camphre
Sans que les mites s'y mettent."


T.S. Elliot

vendredi, octobre 18, 2013

"Déjà que tout seul j'ai du mal à vivre ensemble"

"Déjà que tout seul j'ai du mal à vivre ensemble"

Lu dans : manucausse.blogspot.fr  


Manu CAUSSE
Prépublication   : 
"Il y a des vies comme ça où tu regretterais presque d’être venu. Des moments où tu aurais honte d’être, tout court.
Des parents qui t’aimaient – et t’aiment encore, ces cons – un ou une life partner en qui tu oses avoir assez confiance pour arborer en sa présence tous tes doutes ; des enfants, des loisirs ou des animaux de compagnie, selon tes choix et tes goûts politiques ; des potes avec qui boire les soirs de soif et pleurer les jours de joie ; un métier – on l’oublie souvent, maintenant que seul le travail est à la mode, mais détenir un certain savoir-faire rétribué de façon satisfaisante reste une source de bien-être moral ; bref, tous ces trucs de confort, que tu as, qui t’entourent, et même allons donc pourquoi pas un bon gros malheur, mais un malheur identifié, une tragédie personnelle face à laquelle tous les jours tu peux faire preuve d’une belle résilience – bin, tout ça, ça te fait ce qu’on appelle une vie.
Tu la regardes de temps à autres, comme ta gueule dans la glace, et tu te dis, oh, tiens, c’est ça ma vie. Et tu fredonnes – couillon comme tu es, ça peut même être un truc du genre Alain Barrière,  Frankie Sinatra ou Laisse-moi kiffer la vibe avec mon mec (avec la voix de Brassens, ploum-ploum).
Tu vis, quoi. Ce qui constitue à la fois un truc d’une banalité affligeante et le machin le plus rare dans l’univers. A ce qu’on en sait en tout cas.
Puis un jour tu te dis qu’au fond…
Ce n’est pas que tu ne mérites pas tout ça. C’est que ça se casse la gueule. C’est que ça n’a plus le goût, le vrai d’avant. C’est que les hirondelles meurent, les banquises fondent, les fachos se réchauffent ; les temps sont durs, le temps est moche, le climat se dérègle.
La nuit, quand tu te réveilles, tu te dis que tu vas mourir. Ça te fout des trouilles affreuses qui remontent du ventre, ça te brûle l’œsophage ; et tu te mords les lèvres, amer, pour éviter de hurler, de pleurer. De réveiller ton ou ta partenaire, à côté de toi dans le lit, qui dort et qui s’en fout. Qui n’a même pas idée du profond où tu te débats.
Quand tu regardes une pierre, tu te dis qu’elle sera là quand tu n’y seras plus. Et tu trouves ça injuste – c’est con, une pierre, Spinoza le dit toujours. Quand tu regardes un jardin, tu te dis que les mauvaises herbes l’envahiront. Qu’elles gagnent toujours à la fin. Que ce qu’on t’a raconté dans les films et les livres – avec les gentils qui triomphent, les bons qui pardonnent aux méchants, l’héroïne qui vécurent longtemps – c’est du flan et rien d’autre. Du doux sucré qu’on te vend pour éviter que les voies des métros ne soient encombrés de cadavres de suicidés. C’est vrai, il y a des fois où dans les transports en commun te prend l’envie de hurler aux autres Mais putain réveillez-vous on va tous y passer. Ou de les buter parce que tu les détestes – là aussi, ça dépend de ta sensibilité.
Et là, tu as beau te souvenir qu’à un moment on t’a aimé… ça ne marche plus. Tu as la mémoire du cœur aux abonnés absents. Tes parents ? Alors peut-être qu’ils t’ont donné la vie, mais pour un misérable coup de bite, combien de traumatismes, combien de mensonges, combien d’injustices t’ont-ils fait endurer ?
Ton amant amante mari femme maîtresse compagne compagnon ? Parlons-en ; son incapacité à te comprendre, à te saisir, à te suffire, à t’apaiser ne prouve qu’une chose : l’immense nullité de ta vie.
Comment ça, tu es seul(e) ? A fortiori.
Seul. C’est exactement ça. Il n’y a rien – rien d’autre que les mensonges qu’on nous vend pour éviter qu’on ne hurle et ne panique, qu’on ne rue dans les brancards comme le petit veau qui découvre autour de lui l’odeur de la mort. La vie n’est ni une tragédie ni une comédie : c’est une aberration. Les liens tissés avec les autres ne sont qu’hypocrisie, ils se désagrègent autour de toi. Ton passé ? Je t’en prie. Ton passé n’est qu’une suite de regrets ; tu as toujours fait les mauvais choix – d’ailleurs, tu n’as jamais eu le choix – d’ailleurs, tu n’as jamais rien fait. D’ailleurs il n’y a rien à faire.
D’ailleurs, tu n’es plus tellement sûr d’être là. D’être tout court. Quant à l’avenir, c’est une farce.
Les autres, peut-être, peuvent trouver du bonheur. Tu ne leur arrives pas à la cheville. Pour cela, tu les détestes. Et en même temps, tu les méprises – les naïfs. Les stupides. Ils ne te méritent pas.
Comme tu es lucide. Comme tu comprends le monde.

C’est à peine si le terme dépression te vient à l’esprit."

jeudi, novembre 19, 2009

La nuit de temps




Je viens de finir ce livre... Que j'ai trouvé excellent... Je vous le conseille.

Des suggestions sur que lire maintenant?

mardi, mai 06, 2008

La Vigne des morts sur le col des dieux décharnés


La Vigne des morts sur le col des dieux décharnés est un livre de Nosaka Akiyuki qui comprend deux nouvelles "La Vigne des morts sur le col des dieux décharnés" (Honegami Toge Hotoke-Kazura, 1967) ainsi que "La Petite Marchande d'Allumettes" (Macchi-Uri no shojo, 1969).

La Littérature Japonaise, comme son Cinéma, est particulière car son "langage" en tant que tel est différent. La culture diffère et donc nos repères et nos structures logiques aussi !

Je trouve cela des plus intéressants mais je pense que cela risque d'en perturber plus d'un !

Nosaka Akiyuki mêle sans pudeur, mort, sexualité, poésie, amour et désespoir. C'est à la fois inspirant et sordide, à la fois tragique et burlesque ...

Hallucinatoire comme lecture.


vendredi, mai 02, 2008

Bientôt fini le silence des bibliothèques ?

Est-ce que le CD va mourir aussi au profit des fichiers MP3 ?
La cassette VHS est morte ( et le videoDisc avant !!!)au profit du DVD ...et maintenant le DVD meurt tranquillement pour être remplacer par le Bluray !!

Est ce que le livre va suivre aussi ? Remplacé par le ebook ? Mais oui, ce n'est pas une insulte ou le surnom de Nordin mais bien le livre électronique ...

Si cela arrivait ( et c'est bien parti pour), cela me désespèrerait encore un peu plus.
évidemment cela peut-être très pratique d'être capable d'amener sa bibliothèque partout par le biais d'un ordinateur mais je crois que cela me manquerait d'aller feuilleter les livres dans les librairies ou les bibliothèques. De lire juste un chapitre ou un paragraphe au hasard, en éventant les pages. Et l'odeur du papier (de la colle ?)?
Et pouvoir souligner certains passages ?

Bref, disons que c'est un contact un peu plus "sensuel" que via un écran mais tout semble se résumer à cela de nos jours ...
Bien sûr cela va sauver des arbres ... mais les batteries des ordinateurs enfouis 3 mètre sous terre n'aideront pas trop non plus ( c'est le même principe que les voitures électriques qui polluent moins certes mais après va falloir trouver une utilité aux batteries et à leur acide !!)

J'ai toujours aimé les livres et plus je vieillis, plus je les apprécie et j'ai tendance à préférer maintenant lire que de regarder un film !!! Moi qui adorait le Cinéma ! Et puis j'ai encore plein de livres et de bédés en France que j'aimerai ramener un jour sur le Nouveau Continent mais c'est lourd et ça remplit vite une valise !

Et là par hasard en allant voir les nouveautés sur Lire.fr,
je découvre cet article de Fredéric Beigbeder
intitulé Le livre est mort, vive le livre ? qui est exactement le sujet de ma gueulante du Vendredi matin !!!
Donc lisez-le .... j'allais le dire ... Tchoulé de Beigbeder ! et donc je vais lui piquer sa phrase finale, ça lui apprendra !!

"Honnêtement je n'arrive encore pas à décider si ce sera le sommet du ridicule, ou un luxe extraordinaire, ou la fin du monde."


Sion pour la rubrique nécrologique, le site "Je suis mort" est vraiment très intéressant ... mais bon j'dis ça.

jeudi, mai 01, 2008

Du rififi chez les Houellebecq

Asseyez vous avant d'ouvrir ce lien car la photo de la Mère de Michel peut surprendre !

2 petits morceaux choisis de l'article de Florence Noiville :

"Tel fils, telle mère ? Elle a la langue verte et bien pendue, elle ne mâche pas ses mots la vieille dame. Dans un avertissement à "l'ami lecteur", elle écrit : "Si une renommée non préméditée par moi-même a porté mon nom dans tes neurones du commérage et que tu cherches un règlement de comptes dans la famille Houellebecq, referme ce livre (...). Ne t'attends pas non plus à voir des tripes sur la table, les tripes c'est fait pour digérer et chier et c'est déjà pas mal. Si en plus, on leur demande d'écrire, ça peut faire que de la merde.""
.../...
"Le plus étonnant dans cette histoire, c'est l'impunité dont bénéficie le père - qui semble pourtant s'être désintéressé tout autant que sa femme du petit Michel. C'est aussi la symétrie des griefs. Tandis que Houellebecq, dans Mourir, accuse sa mère de ne pas l'avoir suffisamment "bercé, caressé, cajolé" quand il était enfant, Lucie Ceccaldi écrit que son fils a toujours été incapable d'aimer. "Il a peut-être fait des progrès en aimant son chien Clément. Mais maintenant je voudrais qu'il aime un chat, dit-elle. Parce qu'un chat c'est plus difficile à aimer qu'un chien. (...) Autrement, je ne veux plus entendre parler de lui." Plus explicite encore : "Mon fils, qu'il aille se faire foutre par qui il veut avec qui il veut, qu'il refasse un bouquin, j'en ai rien à cirer. Mais si par malheur, il remet mon nom sur un truc, il va se prendre un coup de canne dans la tronche, ça lui coupera toutes les dents, ça, c'est sûr ! Et ce n'est pas Flammarion ni Fayard qui m'arrêteront."

Voilà, qu'on se le dise. Encore une petite louche sur l'"arrogance de se prendre toujours pour l'être supérieur", sur l'arriviste cupide "prêt à faire n'importe quoi pour parvenir à la fortune et à la renommée" et la messe est dite. Une petite fessée à cinquante ans de distance. Un sombre lavage de linge sale en famille par livres interposés. Une belle étude de cas pour étudiants en psychologie ("En vous appuyant sur une lecture comparée des Particules élémentaires et de L'Innocente, vous montrerez les racines d'une haine maternelle et filiale indéracinable").

Et Michel Houellebecq lui-même, qu'en dit-il ? Il serait actuellement à l'étranger, "entre l'Irlande et l'Espagne" et, indiquent les éditions Fayard, éditrices de son dernier roman, il "ne souhaite pas s'exprimer sur ce sujet". De toute façon, cela fait belle lurette qu'il n'ouvre plus le courrier de sa mère. Quant à lire ses livres... "

Un peu de musique sans rapport avec les textes précédents ... il a juste des airs d'un pote ex-collègue qui ressemble aussi à R.I.P Philippe Clay ...






vendredi, mars 28, 2008

Les Chants de Maldoror

« Lecteur, c'est peut-être la haine que tu veux que j'invoque dans le commencement de cet ouvrage ! Qui te dit que tu n'en renifleras pas, baigné dans d'innombrables voluptés, avec tes narines orgueilleuses, larges et maigres, en te renversant du ventre, pareil à un requin, dans l'air beau et noir, comme si tu comprenais l'importance de cet acte et l'importance non moindre de ton appétit légitime, lentement et majestueusement, les rouges émanations ?
Je t'assure, elles réjouiront les deux trous informes de ton museau hideux, ô monstre, si toutefois tu t'appliques auparavant à respirer trois mille fois de suite la conscience maudite de l'Éternel ! »

Les Chants de Maldoror, I, 2
Isidore Lucien Ducasse alias Comte de Lautréamont

Voici donc une petite introduction des plus intéressantes car je n'ai pas le temps d'écrire quelque chose ce matin, enfin quelque chose qui en vaille la peine !

Je dois réparer des problèmes techniques sur une scène 3 D ( qui n'est pas la mienne ) avec pour seule explication : " Ça marchait avant ! "

Super ...merci ... et là quand j'ouvre la sus-nommée scène , cela ressemble un peu à Beyrouth dans les années 80 ... Laissez-moi le temps de comprendre l'essence intrinsèque de cet amalgame de polygones et je vous reviens dès que j'ai vaincu les scripts et autres courbes alliées à des parentés contraintes ....

Enfin je crois ...

mercredi, mars 12, 2008

Mots et autres



Un article intéressant sur le "Comment créer une image (moche) grâce aux principes de la chaine de montage" comme on aimerait en lire plus souvent. Merci El Piero pour le lien ...



Et puis une petite affiche drôle et pas si drôle que ça finalement , gracieuseté de Deluxeman ... pas trop sûr comment il a trouvé cela si ce n'est en fouillant sur http://www.screenhead.com

Sinon j'ai fini de lire : Leçons du monde fluctuant de Jérôme Noirez qui est assez époustouflant !


D'ailleurs en voici d'excellentes critiques via Bruno Gaultier et
Shalmaneser


dimanche, décembre 23, 2007

Gracq ...il est mort ...


PARIS (AFP) - L'écrivain français Julien Gracq, auteur notamment du "Rivages des Syrtes", est mort samedi à l'âge de 97 ans des suites d'un malaise, a-t-on appris dimanche auprès de son entourage.


L'auteur du "Rivages des Syrtes " et des "Eaux Etroites" avait été hospitalisé en début de semaine après avoir eu un malaise à son domicile de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire), dans l'ouest de la France, où il vivait retiré depuis de nombreuses années, selon la même source.
Né le 27 juillet 1910 dans ce même village, Julien Gracq figurait parmi les très grands écrivains francais. Il est l'auteur de 19 ouvrages nourris de romantisme allemand, de fantastique et de surréalisme.
Julien Gracq figurait parmi les très grands écrivains francais, auteur de 19 ouvrages nourris de romantisme allemand, de fantastique et de surréalisme.
Homme secret et rétif aux honneurs, Julien Gracq avait refusé le prix Goncourt en 1951 pour son chef d'oeuvre "Le rivage des Syrtes". Mais il avait cependant accepté d'entrer en 1989 dans la prestigieuse collection de Gallimard, la Pléiade.

Jamais édité en poche, ses textes n'avaient connu que des tirages limités, ce qui ne l'avait pas empêché d'acquérir un immense prestige auprès d'un public lettré.

Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier, étudie à l'Ecole normale supérieure et à Sciences-po et obtient son agrégation d'histoire et de géographie. Il écrit tout en enseignant dans des lycées de Quimper, Nantes, Amiens et Paris. Il a choisi le nom de Gracq pour de simples "raisons de rythme et de sonorité".
En 1938, il présente en vain le manuscrit de "Au château d'Argol" à la NRF (Gallimard). Il s'adresse alors à l'éditeur et libraire José Corti, à qui il restera fidèle durant toute sa vie. En 1939, après avoir rencontré André Breton, chef de file du surréalisme, il devient un compagnon de route du mouvement dont il s'éloigne cependant assez vite.

Avec une perfection de style frisant parfois la préciosité, il était pamphlétaire dans "La littérature à l'estomac" (1950), où il stigmatisait les moeurs littéraires, poète dans "Liberté grande" (1947), critique dans "Préférences" (1967), nouvelliste dans "La presqu'île" (1970) et, bien sûr, romancier dans "Un beau ténébreux" (1945) ou "Un balcon en forêt" (1958). Il était aussi l'auteur de "En lisant, en écrivant" (1981) ou "La forme d'une ville" (Nantes) (1985).
"Un balcon en forêt", "Le roi Cophetua" - une des trois nouvelles composant "La presqu'île" - et "Un beau ténébreux" ont été adaptés au cinéma respectivement par Michel Mitrani, André Delvaux et Jean-Christophe Averty.

Son dernier livre, " Entretiens ", est paru en 2002, et comme dans ses précédents livres, Julien Gracq avait choisi un travail d'édition à l'ancienne, sur des feuillets non massicotés, que le lecteur se doit d'ouvrir au coupe-papier comme un journal intime.

De très nombreux ouvrages savants sont parus sur son oeuvre, traduite en plusieurs langues.
Julien Gracq a abordé des genres différents dans ses 19 livres (poésie, théâtre, critiques, romans, essais, nouvelles, etc...):

- "Au Château d'Argol" (1938)- "Un Beau ténébreux" (1945)- "Liberté Grande" (poésie, 1947)- "André Breton" (étude, 1947)- "Le Roi pêcheur" (théâtre, 1948)- "La Littérature à l'estomac" (pamphlet, 1950)- "Le Rivage des Syrtes" (1951, prix Goncourt, refusé par l'auteur)- "Penthésilée" (adaptation du texte de Heinrich von Kleist, théâtre, 1957)- "Un Balcon en forêt" (1958)- "Préférences" (critique, 1967)- "Lettrines" (essai, 1967)- "La Presqu'île" (nouvelles, 1970)- "Lettrines II" (1974)- "Les Eaux étroites" (1976)- "En lisant, en écrivant" (1981)- "La Forme d'une ville" (1985)- "Autour des sept collines" (1988)- "Les Carnets du grand chemin" (1992)- "Entretiens" (2002)

vendredi, novembre 09, 2007

Lecture de Chevet

Faisant suite au prix Goncourt 2007 décerné à "Alabama Song" de Gilles Leroy, contant l'histoire de Zelda Sayre, épouse méconnue et sacrifiée de Scott Fitzgerald, je suis allé recherché dans mes vieux livres ( d'ailleurs, il faut que je m'achète une bibliothèque avant que l'actuelle ne s'écroule sous le poids de mes entassements névrotiques littéraires ....) un recueil de nouvelles intitulé "La fêlure":


« La marque d’une intelligence de premier plan est qu’elle est capable de se fixer sur deux idées contradictoires sans pour autant perdre la possibilité de fonctionner. On devrait par exemple pouvoir comprendre que les choses sont sans espoir et cependant être décidé à les changer.
.../...
La vie est naturellement un processus de démolition.»

Francis Scott Fitzgerald, The Crack-up (La Fêlure).


C'est peut-être aussi pour penser à autre chose ...

mercredi, novembre 07, 2007

Echange du Mercredi Matin

06:27 AM :
Mon voisin de siège ce matin :
" - J'ai entendu à la radio qu'une loi autorise les vendeuses de magasin de poissons tropicaux à travailler les seins nus ! Mais uniquement à Liverpool ! C'est quand même cool Liverpool" lance-t'il à son collègue ou ami ( je suppose).
Intérieurement, je me dis qu'il faut au moins cela pour conserver un peu de monde dans cette ville tellement elle est glauque et que par conséquent, cette loi est vraisemblablement d'utilité publique, pour ne pas dire une aide sociale et humanitaire pour Liverpool ...
Son acolyte sourit mais semble plutôt concentrer à lire des notes de bureau. L'autre surenchérit automatiquement, pas le moins du monde décontenancé par le manque d'intérêt flagrant du supposé sujet. Appelons donc le sujet Bavard : Bernard et le second, nettement moins sociable que le premier : le Prince Rénier.

J'ai mes écouteurs pour camoufler les bruits ambiants mais quand je lis, je le fais souvent sans musique, donc je pense qu'il ne s'adresse point à moi ... D'ailleurs Lunar Park de Bret Easton Ellis est vraiment un bon bouquin ( je n'en suis qu'à la page 186 pour l'instant) ... Je commence en parallèle " Travailler avec des cons" et je vous tiens au courant de mes analyses et/ou de mes tests face aux expérimentations à venir !

Donc disais-je, Bernard enchaine, tel un véritable humoriste d'entreprise, pris en tentative extrême de remonter le moral d'une équipe chancelante :
-" Ah aussi ...les femmes enceintes ont le droit de pisser dans les casques de la police ... tu sais leur longs casques, qu'on dirait des Coneheads !! ahahah j'te jure ...les Asties d'Anglais !"
Le Prince Rénier relève la tête, le dévisage un instant et sussure à Bernard avec un accent à peine perceptible :
"- je te rappelle que je suis Anglais et que je t'emmerde dumb ass ..."

Je crois que la discussion,de leur bord, était close. Le reste du trajet fut très tranquille.

C'est quand même bizarre cette relation Amour/Haine entre les Francophones et les Anglophones ici ...

De même que ces histoires d'accommodements "sans raison" ... Donner des boulots aux immigrés en reconnaissant leurs diplômes préalablement obtenus, faites des tests comparatifs ou des essais ... et ils feront leur boulot ...
c'est presque aussi simple que cela ...
mais c'est vrai j'oubliais ...c'est fatiguant, faut faire des efforts, après on est épuisé et faut se reposer ( véridique : excuse de deux adultes à qui je donnais des cours de claques dans la gueule et qui ont décidé d'arrêter ensuite : " C'est fatiguant !" J'ai vraiment halluciné quand ils m'ont dit cela ! Euh ..en effet, c'est un sport et on fait des exercices ... alors a fortiori, et à posteriori ...oui les muscles travaillant, cela exerce une utilisation des calories et de l'énergie contenues dans le corps et donc cela occasionne une fatigue ... )
Mais bon j'dis ça ...


PS:
J'hallucine encore plus car on vient de m'envoyer cela : un site à alibis !!!!

lundi, novembre 05, 2007

Quand est qu'on court Gontran ?

Le prix Goncourt 2007 a été attribué, lundi 5 novembre, à Gilles Leroy pour "Alabama Song" (Mercure de France), a annoncé le jury au restaurant Drouant à Paris. Le prix Renaudot a été décerné à Daniel Pennac pour "Chagrin d'école" (Gallimard). (AFP)

Mais notons que sur la presse québécoise on peut lire le prix : Goucourt !!!! En six mille kilomètres, le n a effectué un pivot de 180 degrés sur son axe d'abscisse comme dirait l'obscène physicien phallocrate, physionomiste et psychopathe ( répetez cela 10 fois très vite ... pour vos cours de théâtre ....)

En même temps, aux US, les scénaristes de la Writers Guild of America (WGA) sont en grève ! "Ils revendiquent une révision à la hausse de leurs pourcentages sur les ventes de vidéos/DVD, négociés à l'époque où la fabrication des cassettes vidéo VHS était particulièrement coûteuse, alors qu'aujourd'hui les disques compacts DVD sont moins chers à produire et les marges bénéficiaires plus avantageuses pour les producteurs-distributeurs. Ils demandent aussi l'extension des tarifs syndicaux, droits d'auteur et protection sociale aux nouveaux médias comme le Web ou les téléphones portables. En revanche, les producteurs estiment que ces technologies n'ont pas prouvé leur rentabilité."
Ahahah toujours le mot pour rire des membres de l'Alliance of Motion Picture and Television Producers.


Sinon j'ai acheté le livre dont je vous parlais Jeudi .... avec aussi Lunar Park de Bret Easton Ellis (j'avais lu la version anglaise ...et là je vais me rafraîchir avec la version franchouillarde).

J'arrive ce matin au boulot et il y a encora 3 gars qui ont passé la nuit a essayé de faire fonctionner le dernier engin ... C'est encore en train de calculer en ce moment !
Mais ils y croient encore ... c'est beau quoi ...c'est quasiment un documentaire sur les tentatives d'évolution de l'espèce humaine : ça peut marcher, mais au bout du compte, est ce que cela en valait vraiment la peine ?

Ah oui sinon un film hallucinant vu en fin de semaine :


vendredi, octobre 19, 2007

Orhan Pamuk et l'écriture

"J'écris parce que j'en ai envie.
J'écris parce que je ne peux pas faire comme les autres un travail normal.
J'écris pour que des livres comme les miens soient écrits et que je les lise.
J'écris parce que je suis très fâché contre vous tous, contre tout le monde.
J'écris parce qu'il me plaît de rester enfermé dans une chambre, à longueur de journée.
J'écris parce que je ne peux supporter la réalité qu'en la modifiant.
J'écris pour que le monde entier sache quel genre de vie nous avons vécue, nous vivons moi, les autres, nous tous, à Istanbul, en Turquie.
J'écris parce que j'aime l'odeur du papier et de l'encre.
J'écris parce que je crois par-dessus tout à la littérature, à l'art du roman.
J'écris parce que c'est une habitude et une passion.
J'écris parce que j'ai peur d'être oublié.
J'écris parce que je me plaîs à la célébrité et à l'intérêt que cela m'apporte.
J'écris pour être seul.
J'écris dans l'espoir de comprendre pourquoi je suis à ce point fâché avec vous tous, avec tout le monde.
J'écris parce qu'il me plaît d'être lu.
J'écris en me disant qu'il faut que je finisse ce roman, cette page que j'ai commencée.
J'écris en me disant que c'est ce à quoi tout le monde s'attend de ma part.
J'écris parce que je crois comme un enfant à l'immortalité des bibliothèques et à la place qu'y tiendront mes livres.
J'écris parce que la vie, le monde, tout est incroyablement beau et étonnant.
J'écris parce qu'il est plaisant de traduire en mot toute cette beauté et la richesse de la vie.
J'écris non pas pour raconter des histoires, mais pour construire des histoires.
J'écris pour échapper au sentiment de ne pouvoir atteindre un lieu où l'on aspire, comme dans les rêves.
J'écris parce que je n'arrive pas à être heureux, quoi que je fasse.
J'écris pour être heureux."

Orhan Pamuk

vendredi, octobre 05, 2007

Littérature 101

" Les livres tournent sur eux-mêmes, sortis des noms propres comme des langues de feu, et ces mêmes langues de feu sortent d'elles-mêmes et viennent se dire à moi.
Ce sont des paroles ailées toute la nuit, les livres défilent et leur voix sort du volume en panaches entrelacés, comme une neige douce, comme des phylactères.
Ces phrases volantes composent bientôt, éployés en ramures qui me couvrent le corps, un lierre vert et frais qui m'embrasse, et par lequel je respire l'effluve inconnu des plus anciennes beautés : à mesure que fleurit le lierre en moi, et que mes phrases aux siennes s'enchevêtrent pour ne plus bientôt faire qu'une seule plante grimpante, je descends les siècles; mes phrases s'offrent avec l'application du buisson à rejoindre cette région peuplée de noms propres où étant reconnues, agrées, leur descente s'inversera : avec des tremblements de joie continue, elles se feront la courte échelle, elles grimperont, bourgeon sur bourgeon, afin d'atteindre, en bas ou en haut peu importe, plus loin en tout cas que ces limites vers lesquelles le désir humain aime à lancer ses filets, à ce nulle part où les phrases éclosent, sans nous, sans personne, et d'où elles nous sont renvoyées à travers le temps, signées par l'un, signées par l'autre, qui se saluent depuis toujours et se parlent dans le lierre dont la feuillaison prolifère."

"Introduction à la mort française" de Yannick HAENEL

Respect