Inspiré d’un fait vécu … Je me trouve dans un tournoi de soccer ou ma fille joue …
J’ai tendance à bouillir face à certains commentaires désobligeants ou ineptes de certains parents (qu’ils soient de l’équipe de ma fille ou pas) alors j’en profite pour m’écarter et prendre des photos en action afin de les offrir ensuite aux parents …
Avouez que cela part d’un bon sentiment ! Je leur fait un cadeau et je leur épargne la vie en même temps ! Quel mécène je fais !
Bref, je prends mes photos tranquilles dans un coin peinard à l’abri des cris et hurlements de la foule en délire. C’est la finale.
Les joueuses sont fatiguées et il fait chaud, cela pousse pas mal et les fautes surgissent de toute part. Une des filles de l’équipe de ma fille, très technique mais pas très rapide en course se fait pousser cordialement avec un léger coup de coude dans les côtes ( peut-être pas volontaire …soyons indulgent…). Elle tombe et pleure.
Soudain j’entend derrière moi ( et en anglais mais je ferai une traduction simultanée donc directement en français), une voix arrogante et grasse :
« -Ahaha, ça lui apprendra ! Elle pousse les autres mais elle n’aime pas se faire pousser ! »
Je me retourne pour voir un personnage d’environ 1m85 de haut et pas loin d’un mètre 50 de large compte-tenu de sa circonférence stomacale relativement proéminente. J’inspire. J’essaye de ne pas réagir mais je n’y arrive pas. Je tente une action neutre, histoire de ne pas faire monter ma tension artérielle.
« Ça pousse des deux côtés ! », lançais-je doucement, en étreignant un peu fort la poignée-batterie de mon appareil-photo Rebel XT 8mega-pixels. Je connais cette fille et ce n’est vraiment pas son style de pousser les autres … sa force, c’est la technique et les tirs directs … mais bon je n’en dis pas plus.
« -J’ai regardé tous les matchs et cette fille-là pousse sans arrêt ! C’est inacceptable ! Ça lui apprendra ! », aboie-t-il goguenard.
J’expire. Je le regarde. Je sens que ça ne va pas être facile.
« Ah ouais ? Je ne savais pas que j’avais affaire à un expert footballistique ici dans un tournoi de filles de 10 ans ! A voir votre puissance musculaire abdominale, ça doit faire un moment que le sport vous a abandonné! », osais-je argumenter en mettant à off mon appareil-photo au cas ou je doive subitement le déposer à terre dans l’herbe fraîchement coupée.
Une autre voix, plus nasillarde celle-ci et féminine (enfin ça y ressemble vaguement en tout cas) surgit de l’autre côté de mon orifice auditif droit.
« Laisse-le, ne parle pas aux abrutis ! »
J’effectue un léger pivot de 180 degrés de la tête pour aboutir devant une masse informe munie d’une robe look table de pic-nic kitsch des années 60.
« Euh …vous , je ne vous ai pas parlé. Alors fermez votre bouche ! » rétorquais-je en essayant de me contenir.
« C’est pas à vous que je parle. Je parle à mon mari » me lance Jabba the Hut au féminin.
Le mari de l’extra extra-terrestre ( oui faut l’écrire au moins deux fois pour bien saisir l’importance volumétrique du sujet) se rapproche de moi ( l’inconscient) et me balance avec un air arrogant :
« Ouais, c’est ma femme qui me parlait alors t’as pas à lui dire de se taire. Est-ce que c’est clair ou faut que je le réexplique ? »
Mon battement de cœur augment de 45 pulsations soudainement et ma jambe droite commence à s’agiter frénétiquement. Ça y est, j’ai les abeilles.
Je me crispe un instant et camoufle le rictus qui essaye de s’immiscer sur ma lèvre supérieure :
« Qu’est-ce que tu veux là ? Tu veux te battre ? …
Non mais tu t’es regardé avant de me menacer comme ça ? Tu vas vouloir tenter de me frapper … je vais avoir le temps de le voir venir, d’aller boire une bière et de l’esquiver !
Ensuite, soit tu vas t’écrouler comme une merde devant moi en insuffisance respiratoire, soit je vais enchaîner avec un crochet au foie et un aplatissement de ta proéminence nasale au fin fond de ton goitre graisseux et purulent, ce qui fait que la prochaine fois que tu voudras te moucher, il faudra que tu te passes la main par la bouche …
C’est ça que tu veux ? … »
C’est à ce moment qu’il a décidé de reculer prudemment et de tourner les talons avec Jabba …
Et moi j’étais énervé pour le reste de la journée …
Il était dix heures du matin …
Monde de merde.
Allez 2 petites versions de "Fuckin' Hostile" :