vendredi, juin 27, 2008

La boxe-échecs: un mélange explosif

Un ami et boss m'en avait déjà parlé du temps ou l'on travaillait ensemble sur un projet ou c'était l'histoire d'un gars qui se promenait dans une prison, sur un train, un paquebot , dans un hôtel à Kinshasa et j'en passe ... Cela pourrait être intéressant à développer ! Le plus dur, à mon avis c'est de déplacer les pièces sans faire tomber les autres ...pas évident avec les gants !!


Yves Schaëffner - La Presse Collaboration spéciale Londres

"Comme son nom l'indique, la boxe-échecs combine sur un même ring le plus physique des sports et le plus intello des jeux. Un mélange pour le moins détonnant.

Chaque samedi à midi, Tim Woolgar prend possession du deuxième étage du club de boxe d'Islington, un gros bâtiment un brin décrépit du nord-est de Londres. Alors que les boxeurs au rez-de-chaussée sont déjà en train de suer à grosses gouttes, ce grand gaillard de 35 ans commence par installer tranquillement trois échiquiers sur une table à côté du ring.

Surréaliste il y a encore quelques mois, l'idée de faire côtoyer boxe et échecs est devenue totalement naturelle dans ce club. «L'idée a été très bien accueillie par les gens d'ici», assure Tim Woolgar.

Après s'être bandé les mains, ce costaud producteur de télévision entame sa séance d'entraînement par quelques minutes de corde à sauter en compagnie d'une demi-douzaine de joueurs de boxe-échecs.

Inventé en 2001 par le Néerlandais Iepe Rubingh, ce sport entremêle à parts égales le plus physique des sports et le plus intello des jeux. Lors des compétitions, les joueurs disputent en alternance 11 rounds d'échecs et de boxe. Le vainqueur peut être déclaré aussi bien par K.-O. que par échec et mat. Les rounds d'échecs durent quatre minutes, ceux de boxe, trois.

Iepe Rubingh a eu l'idée de développer ce sport après avoir lu la bande dessinée de science-fiction Froid Équateur, d'Enki Bilal. Les personnages y disputaient un mélange de boxe et d'échecs. En 2003, le Néerlandais a organisé (et remporté!) le premier championnat mondial à Amsterdam. Fort populaire en Allemagne (au point d'être enseignée dans certaines écoles), la boxe-échecs vient tout juste de débarquer en Angleterre.

L'association de boxe-échecs britannique a été fondée en avril dernier par Tim Woolgar. «Je venais de me remettre à la boxe quand un ami m'a parlé de ce sport», explique le producteur de télévision. Intrigué, il est allé voir une compétition à Berlin l'automne dernier. Il est immédiatement tombé sous le charme.

«J'ai toujours été curieux des choses nouvelles et inusités, précise-t-il. Ce sport m'intéresse parce que c'est quelque chose de physique, mais on ne peut pas se permettre d'éteindre son cerveau pour autant.»

Pour gagner, les joueurs doivent à la fois exceller aux échecs et à la boxe. «Les deux sont aussi importants, assure Tim Woolgar. Un bon boxeur qui joue mal aux échecs n'a aucune chance et inversement», poursuit-il.

Plus dégourdi sur le ring que devant l'échiquier, Tim Woolgar admet qu'il lui reste beaucoup à apprendre aux échecs. Matthew Read est dans la position inverse. «Il y a juste à regarder mon allure pour voir que je suis plutôt un joueur d'échecs», rigole le grand maigre.

Propriétaire d'une boutique spécialisée dans les échecs, Matthew Read a enfilé ses premiers gants de boxe il y a quelques mois. «Mais je me sens déjà en meilleure condition physique», précise le jeune homme.

Similarités

Ruisselant de sueur, son collègue Rajko Vujatovic assure voir nombre de similarités entre les deux activités. «On attaque et contre-attaque de la même manière et, dans les deux cas, une seule erreur peut vous coûter la partie», note ce crack des échecs.

Lors des entraînements, les joueurs tentent aussi bien que possible de recréer les conditions d'un match, «tout en évitant de se mettre K.-O.», précise Tim Woolgar en souriant. Leur entraîneur de boxe, Bevis Allen, les pousse à bout physiquement avant de les envoyer devant l'échiquier pour trois minutes.

Transpirant à grosses gouttes, enlevant rapidement un gant de boxe pour déplacer les pions, les joueurs doivent alors se concentrer pour remporter la bataille sur le damier.

«C'est difficile de jouer aux échecs après avoir fourni un tel effort. On a tellement d'adrénaline, notre cerveau se sent confiant, on a facilement tendance à prendre des risques. Et il y a la pression du temps», souligne Tim Woolgar.

Les joueurs sont en effet chronométrés lorsqu'ils jouent aux échecs. Lors des matchs, ils possèdent chacun 12 minutes pour déplacer leurs pions. Si un joueur prend plus de temps, il perd automatiquement la partie comme s'il s'agissait d'un K.-O. ou d'un échec et mat.

De retour dans le ring, les joueurs sont «cravachés». «Allez, accélérez le rythme, c'est trop lent», leur crie leur entraîneur, alors qu'ils doivent sauter sur place, faire des «push-up» et pratiquer leur direct, leur crochet ou leur uppercut.

Convaincu que la boxe-échecs est promise à un bel avenir, Tim Woolgar compte organiser une première compétition officielle à Londres l'automne prochain. «Je voudrais arriver à faire connaître plus largement ce sport», explique le Britannique. Des Allemands, Russes et Italiens devraient être invités.

Compte-t-il lui même monter sur le ring? «Oui, j'espère combattre dans la catégorie des poids lourds», assure-t-il plein d'enthousiasme. Mais d'ici là, il compte bien passer de nombreuses heures à apprendre à mieux protéger son roi afin de ne pas finir K.-O. sur l'échiquier trop rapidement."

3 commentaires:

MrSauvage a dit…

ben oui, pourquoi pas...
plus difficile, et en rapport avec le précedent post, il y a aussi le ski nautique-mots croisés, ou la plongée sous marine-mastermind...

louise a dit…

tu m'as pris ma reine : pan, dans ta gueule !!!!!!!!!!

tu ferais presque fantasmer tes lectrices : un intello ET sportif à la fois. mais à bien y réflêchir, un gringalet amoureux des échecs et avec les deux yeux au beurre noir, tout de suite c'est beaucoup moins excitant. Enfin, j'dis ça ...

Molécule a dit…

C'est vraiment cool! J'ai la carrure d'un boxeur (à l'échelle microscopique, s'entend)) et je joue correctement bien aux échecs (avec un handicap de 13).

Alors on commence quand?
Pion sur B6, uppercut! :-)